C’est parti, aujourd’hui, je suis mo-ti-vée ! Je vais courir !
Un objectif réalisable : 2 km, pas plus. Voilà. De quoi ressentir les fameuses hormones libérées après l’effort, celles qui renforcent notre envie d’y retourner. Je vais enfiler mes nouvelles chaussettes adaptées à mes chaussures de running nouvelle génération. C’est mon chéri qui m’a offert tout ça pour mon anniversaire, pour me coacher, m’aider à remettre le pied à l’étrier.
J’ai choisi mon itinéraire sur un chemin arboré dans le village, histoire d’absorber les bienfaits de la chlorophylle et le bon air de la campagne. Tout ça s’annonce parfait pour commencer, le soleil est même de la partie comme pour me dire « je t’attends, on va faire ça ensemble ».
Bon, c’est vrai que j’ai un peu mal à l’épaule à cause d’un vieux torticolis qui est lentement redescendu. Mais en chauffant mes muscles, ça ne se sentira plus. Et puis j’ai des chaussures très amortissantes. Après… elles sont neuves, ça sent l’ampoule à plein nez cette histoire. 20 minutes de courses, 5 jours à regretter dans mes bottines. Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette… Tiens, je l’entends encore mon chéri qui s’improvise coach des jours fériés : c’est le jeu, c’est le jeu… C’est vite dit : c’est le jeu surtout si j’ai envie de jouer ! Et les règles sont toutes simples : tu te gèles les doigts, les orteils, les oreilles, tu cours sans savoir après qui ou quoi, tu finis en transpiration, essoufflée, avec des crampes qui dureront trois jours. Et puis ces hormones du plaisir du sport, je ne les ai jamais senties traverser mon corps. Encore un coup des publicitaires pour donner envie d’acheter leurs produits de torture. Qui peut croire à ces balivernes ? Après tout, la campagne, le soleil, on peut aussi en profiter en marchant. C’est sûrement mieux d’ailleurs, on a le temps de savourer, de contempler le panorama. Ah, et justement que vois-je en regardant par la fenêtre ? Le soleil est complètement caché par les nuages. Et voilà ! C’est pas un signe ça ? Je ne vais quand même pas risquer de choper une bronchite ou une rhino-pharyngite. J’ai deux réunions importantes la semaine prochaine, ça me semble périlleux tout ça. Je me vois mal arriver avec le nez rouge, les yeux qui pleurent, en boitant à cause des crampes et des ampoules. Ça ne fait pas professionnel, ce n’est pas raisonnable. Le mieux c’est que je remette ça au week-end prochain ou celui d’après d’ailleurs, c’est plus prudent, rapport à la raclette prévue chez les copains samedi prochain…
Je vais ranger mes chaussures, tant pis. Je vais les remettre dans leur boîte et peut-être que je pourrai en tirer un bon prix sur Vinted, va savoir !